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LES FILIÈRES, OU COMMENT SUIVRE LA PRODUCTION DU CHAMP À L’ASSIETTE

Promouvoir les filières transparentes, c’est garantir une meilleure reconnaissance et une rémunération juste pour tous les acteurs et actrices de la chaîne alimentaire.

C’est aussi construire des relations stables et solides entres les personnes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes à la production, à la transformation et à la distribution. Alors, suivons ensemble le fil des filières…

Selon la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, « les filières agroalimentaires couvrent toutes les étapes de la production agricole d’aliments – de la production à la transformation, au commerce, à la distribution et à la consommation ». A travers les filières, on peut donc remonter chaque étape très précisément pour un maximum de transparence. Evidemment, au moins il y a d’étapes, au mieux c’est. Rien de tel que la vente directe, mais ce n’est pas toujours possible.

Dans les magasins Färm, les filières sont favorisées et mises en avant pour garantir des partenariats solides et un prix plus juste pour les producteurs. Chaque produit est sélectionné avec soin (selon les principes de la Charte Produits) par le département achats. « Quand on rencontre les transformateurs, on demande systématiquement d’où viennent les ingrédients et s’ils connaissent les producteurs », expliquent Catherine Quetstroey et Stéphanie Ledevin, responsables de l’offre. « Par exemple, entre deux marques de quinoa, on mettra en avant les filières qui peuvent nous prouver qu’elles rémunèrent de manière juste toutes les étapes de la production », continuent-elles.

Revaloriser les savoirs ancestraux

« Favoriser les filières, c’est aussi revaloriser les savoirs ancestraux, remettre dans un terroir des productions qui se sont perdues, comme par exemple la production de riz de Camargue », explique Stéphanie Ledevin. En effet, en Camargue, la riziculture joue un rôle écologique capital pour dessaler les terres et assurer l’entretien du réseau d’irrigation et de drainage. Choisir le riz de Camargue, c’est participer activement au maintien d’une agriculture régionale spécifique. 

Mais les filières, c’est aussi une garantie de commerce équitable : des chaînes commerciales plus courtes et transparentes pour permettre aux producteurs de vivre décemment de leur travail et d’être acteurs de leur modèle de développement. À l’instar de Priméal, dont les produits français et boliviens sont travaillés en collaboration à très long terme avec des coopératives locales ou des agriculteurs en direct. Ou encore Terra Etica qui soutient les mouvements coopératifs, l’agriculture paysanne et l’agroécologie

Créer des filières 100% belges

Saviez-vous que le projet Färm, c’est aussi la création de filières 100% belges ? En effet, une des missions de la coopérative est de travailler en direct avec les producteurs afin de garantir aux agriculteurs et éleveurs de vivre décemment. Jusqu’ici, Nu ! et Agribio.färm ont été créées, mais d’autres projets de filières devraient suivre.

Pour rappel, le secteur de la viande est particulièrement complexe financièrement, les éleveurs sont plongés dans le marasme économique depuis de nombreuses années. Dans notre pays (comme dans beaucoup de pays européens) les fermes familiales disparaissent les unes après les autres. En créant la filière Nu !, tous les acteurs et actrices de la chaîne ont été réunis autour de la table, la rémunération des producteurs et productrices a été fixée collectivement. Ainsi, les producteurs·rices de la filière perçoivent 22% de plus que s’ils·elles vendaient le fruit de leur travail dans le circuit bio “normal” !

Agribio.färm est un partenariat basé sur une vision partagée de la bio engagée ; tout le grain utilisé est certifié bio et cultivé en Belgique. Trois céréales sont essentiellement travaillées à la ferme Agribio : l’épeautre, le froment et le seigle. L’enjeu des filières de céréales est majeur. Dans sa brochure, Nature & Progrès revient d’ailleurs sur l’importance du développement de filières de céréales alimentaires en Wallonie. 

L'épeautre cultivée, récoltée, meulée et transformée en farines, pâtes et pains par Agribio dans leur ferme-moulin-atelier d'Havelange

Le prix juste

La question des filières pose bien sûr aussi la question du prix. Pour la coopérative Färm, l’objectif n’est pas “le prix le plus bas”, mais les efforts sont faits pour proposer le prix le plus juste possible. C’est-à-dire, un prix qui permet de couvrir les coûts de production, de rémunérer décemment chaque intervenant·e de la production et de la distribution, de couvrir tous les coûts de fonctionnement, tout en engendrant un minimum d’effets négatifs sur le monde extérieur. 

De nombreuse enseignes de la grande distribution cherchent à se démarquer l’une de l’autre en pratiquant les prix les plus bas possible… Il n’y a pas de secret, pour ce faire, elles se doivent d’obtenir les prix les plus bas auprès de leurs fournisseurs en soumettant ceux-ci à la pression. Les conditions de vie des éleveurs sont dès lors de plus en plus difficiles, ce qui entraîne une détresse économique, psychologique et à terme la disparition des fermes familiales (selon les chiffres de l’agriculture, entre 1980 et 2018, le secteur agricole a perdu 68% de ses exploitations). 

Sans compter qu’en raison de cette course au prix le plus bas, au fil des années, les consommateurs ont perdu la notion du véritable prix des aliments. Selon l’Institut pour un développement Durable, l’augmentation de long terme du niveau de vie a conduit à un recul  des dépenses alimentaires dans le budget des ménages de 27,8% en 1960 à 11% de nos jours. 

Färm souhaite se distinguer des pratiques courantes dans le secteur de la distribution alimentaire. Pour ce faire, les négociations avec les producteurs ne s’arrêtent pas au prix ; les conditions de travail sont également discutées, et un regard, à livre ouvert, est porté sur les coûts de chaque structure, de la production à la distribution. Enfin, la qualité du produit est évoquée avant son prix.  L’objectif étant la promotion d’un système alimentaire durable depuis la production jusqu’à la consommation, en passant par la distribution. Voilà pourquoi, en valorisant les filières, on réapprend aussi le vrai coût de l’alimentation. Consommer autrement, c’est la clé pour changer le monde en mangeant… 

Certains d’entre vous l’ont peut-être déjà remarqué, Färm est occupé à mettre en place « Le Färmoscope » afin de promouvoir une consommation toujours plus durable. Cet outil au drôle de nom a été imaginé pour accompagner les client·e·s qui voudraient aller encore plus loin dans leur démarche de consommation responsable.

Le Färmoscope analyse les produits à la loupe sur base de 11 critères écologiques, sociétaux et économiques. Cette analyse offre un indicateur de durabilité – le färmoscore – , qui se retrouve sur l’étiquette des produits. Au plus le produit répond à des critères, au plus son färmoscore est élevé.

L’un des critères écologiques du Färmoscope est « Marques détenues par le producteur et/ou travaillant avec une filière identifiée ». Ces produits issus de filières garantissent que chaque personne impliquée dans le processus de production et de transformation est rémunérée correctement, et à plus long terme et nous garantit également une transparence sur la provenance des produits.

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