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Jamais sans ma cup !

Santé La cup

Jamais sans ma cup!

Par Sophie De Mol  – février 2019

La cup, coupe menstruelle, petit objet pas si révolutionnaire que ça, a fait une réapparition plus que remarquée dans l’intimité de nombreuses femmes. Effet de mode ou vraie prise de conscience ? Focus sur cette protection pleine de promesses.

Comment ça marche ?

 

La cup est une protection hygiénique en forme de petit réceptacle, la plupart du temps fabriquée en silicone médical. On la plie pour l’insérer dans le vagin. Grâce à la petite « tige » placée à son bout, la coupe se retire assez simplement en la pliant également. Contrairement aux tampons ou serviettes hygiéniques connus pour leurs propriétés absorbantes, la coupe menstruelle récolte les pertes de sang. Elle se lave, se stérilise et se réutilise. En opposition donc aux protections plus connues et jetables, elle peut servir jusqu’à 5 ans. La première utilisation est parfois un peu complexe mais pas d’inquiétudes, tout est très bien expliqué dans la notice fournie avec la cup. Au fond c’est un peu comme la première fois qu’on a mis un tampon. Il faut lire le manuel, essayer à un moment où on a du temps et y aller cool. Et tout ira bien ! Si ça ne fonctionne pas du premier coup c’est normal, le mieux est d’essayer quelques fois, d’alterner avec les protections habituelles jusqu’à ce qu’on ne puisse plus s’en passer.

Pas si révolutionnaire que ça…

Encore un truc inventé par quelques illuminés dans la mouvance de la consommation durable et du zéro déchet, pensez-vous? Pas du tout. La cup, si elle est considérée comme une révolution pour certaines (dont moi je l’avoue), est vieille de plus de 80 ans ! Oui enfin, là, je parle de l’invention, pas de celle que votre voisine, copine, maman ou collègue utilise évidemment. Les premiers modèles dateraient des années 1860-70 mais n’auraient pas ou peu été commercialisés. Cependant, dans les années 1930, Leona Chalmers, une actrice et chanteuse américaine soucieuse de l’intimité des femmes, s’associe à des gynécologues pour trouver une solution à l’inconfort généré par les règles. En 1937, elle fait breveter un modèle de coupe menstruelle, assez identique à celui que nous connaissons aujourd’hui et conçu en caoutchouc. A l’époque elle coûte 2$… Mais elle ne fait pas pour autant l’unanimité. Les femmes ne veulent pas d’un objet à vider et nettoyer, les tampons hygiéniques sont de plus en plus présents sur le marché, répondant à (ou créant) une demande. Dans les années 1980, un société américaine commercialise The Keeper, une coupe en latex, toujours en vente aujourd’hui.

En 2002 Su et Eileen créent la célèbre Mooncup®, première coupe menstruelle en silicone, plus soupe que le caoutchouc et hypoallergénique, contrairement au latex.

Dessin Bernard Buntinx

Tout ça c’est très bien, mais pourquoi passer à la cup ?

Pour notre corps

La plupart des coupes menstruelles sont en silicone, un produit hypoallergénique qui n’assèche pas les muqueuses vaginales. Finies les sensations d’irritation dues aux tampons ! Et lorsqu’on a pris l’habitude de la mettre, on ne la sent plus du tout. Certain.e.s disent qu’on peut la garder jusqu’à 12 heures, on va plutôt dire 8, ce qui est vraiment pas mal du tout ! Autre aspect assez pratique: ça prend nettement moins de place dans l’armoire et terminés ces moments un peu gênants où lorsqu’on vide son sac pour retrouver ses clés, la première chose qui en sort est un … tampon !

Pour la planète

Sachant qu’une femme utilise en moyenne 11.000 tampons sur une vie, quand on prend en compte leur production nécessitant beaucoup d’eau et d’énergie, à leur transport et finalement aux déchets non-recyclables générés à la fin de la chaîne, il ne faut pas avoir fait un doctorat en sciences pour comprendre que l’impact environnemental des tampons ou serviettes hygiéniques est loin d’être neutre.

La cup a une durée de vie de 5 ans environ mais ça c’est très personnel, en tout cas on la réutilise beaucoup avant de finalement la mettre à la poubelle. Bilan beaucoup plus positif.

Pour le portefeuille

Petit exercice : sachant qu’une boîte de 20 tampons coûte environ 4€ (et encore ça dépend du magasin), qu’on utilise peut-être 3, 4 voire 5 tampons par jour de règle, quel sera le coût total sur une année? En ajoutant à ça le prix du sac poubelle correspondant à peu près à une année de règles … Pour comparaison , une cup coûte aux alentours des 20-25€ et sert bien plus qu’un an… A vos calculettes.

Alors, pourquoi pas ?

Si c’était si beau et simple, toutes les femmes utiliseraient la cup, n’est-ce pas ? Mais tout n’est pas si simple. Force est de constater que le marketing pour les serviettes et tampons fait du bon boulot et qu’une partie de la population préfère encore le jetable. Quand on m’en a parlé pour la première fois, je dois avouer que j’ai un peu douté. Un machin en silicone qu’on met dans son corps pour ensuite le vider et le nettoyer, ça ne fait pas vraiment rêver. Après quelques mois de réflexion et en avançant dans ma transition vers un mode de vie plus durable, le temps était venu de tester. Et l’essayer c’est l’adopter ! Mais il ne faut pas pour autant juger celles qui n’en veulent pas. Parce que oui, il faudra la laver, donc avoir un peu de sang sur les mains parfois, la stériliser, se débrouiller quand la journée au boulot s’allonge et qu’on a pas accès à ses propres toilettes en toute intimité.

Et qui sait, celles qui n’en veulent pas aujourd’hui seront peut-être celles qui en feront la promotion dans quelques années ?

Réelle prise de conscience ou nouvelle tendance d’un mouvement durable, écolo, un peu bobo ? Quelles qu’en soient les raisons, de plus en plus de femmes optent pour la coupe menstruelle. Et si les arguments des années 50 de ces femmes qui ne veulent pas d’une protection hygiénique réutilisable (et donc lavable) ont la peau dure, le souci écologique et parfois économique prend le dessus et en convainc plus d’une.



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