Pouleville

LES POULES EN VILLE : ÇA CAQUETTE DANS LES JARDINS

Les poules débarquent dans les jardins et arrières-cours des maisons bruxelloises. Grâce à elles, on réduit ses déchets, on mange de bons œufs frais et on se fait de nouvelles côt-pines. Petit tour d’horizon d’un phénomène aussi sympathique qu’écologique !

Depuis quelques années, un peu partout à travers le pays, les pouvoirs publics encouragent les citoyens à adopter des poules. L’objectif ? Réduire les déchets organiques qui représentent près de 40% de nos déchets ménagers résiduels. Génial, non ? Petit bonheur au quotidien : de bons œufs frais attendent les heureux propriétaires. Pas étonnant que les Bruxellois, soient de plus en plus nombreux à accueillir des poules chez eux. Entretien, initiatives, avantages, on vous explique tout et on vous garde même une petite surprise coup de cœur pour la fin…

Débarquement de poules chez les citadins

C’est à Mouscron que tout a commencé en 2007 dans le cadre de la campagne de prévention des déchets. La ville a proposé aux habitants d’adopter gratuitement deux poules sur une durée de deux ans. L’expérience a inspiré de nombreuses initiatives à travers le pays. Etterbeek est la première commune de la région bruxelloise à avoir proposé des poules à ses habitants. Aussi, en 2016, deux poulaillers collectifs y ont été inaugurés. Depuis, d’autres poulaillers collectifs ont fait leur apparition, entre autres dans le quartier durable Logis Floréal, mais aussi au BLED ou à Solidharen. Selon un recensement lancé en janvier, aujourd’hui, plus de 200 ménages bruxellois possèdent ensemble au moins 700 poules. C’est à Schaerbeek que l’on compterait le plus de gallinacés.

Cherche poulailler bien aménagé

Pour avoir deux ou trois poules chez soi, un petit bout de jardin de ville suffit amplement, il faut compter 5 m2 par poule. Accueillir des poules demande quand même un certain investissement. Il faut les abreuver, les nourrir de graines et de déchets organiques, nettoyer leur litière… Attention, les prédateurs sont le plus grand danger, il est préférable de les protéger avec une clôture assez haute. Il est fréquent que des accidents arrivent, comme ça a été le cas pour Julie et sa famille qui vivent à Anderlecht: « On a acheté nos poules à la ferme Nos Pilifs. Des fouines en ont tué deux, on en avait trois, on en a racheté une pour que la survivante ne reste pas seule. Elles ont un énorme terrain. Elles sont super autonomes, les enfants vont chercher les œufs, c’est un plaisir au quotidien. Si on part en vacances, comme on a d’autres animaux, quelqu’un passe à la maison ou vient chez nous pour quelques jours, ça ne pose pas de problème…. »

Bruxelles Environnement a publié une info-fiche « Mes Poules Urbaines » expliquant tous les aspects pratiques en détails. On trouve des poulaillers en kit très pratiques et design auprès de l’asbl Wonderpoule, sinon il existe de nombreux tutos sur le net. La ville d’Etterbeek a publié un excellent guide pratique également.

Pouick la poule est devenue célèbre à travers le pays pour ses pronostics pendant la dernière coupe du monde. © Igor Lasist

S’investir auprès de ses poules

Une poule a besoin d’espace, d’une nourriture adaptée, de soins, de présence. Et ce dans la durée puisque certaines races peuvent vivre jusqu’à 12 ans. La Région de Bruxelles-Capitale, via la stratégie Good Food en collaboration avec l’asbl Apis Bruoc Sella et Tournesol-Zonnebloem, invite les particuliers bruxellois à participer gratuitement à des ateliers d’initiation à l’agriculture urbaine dont l’élevage des poules. Aurélie Dierge, chargée de projet agriculture urbaine pour l’asbl Apis Bruoc Sella nous explique : « C’est la troisième année qu’on organise les ateliers « Mes poules en ville ». Le programme est assez intense, il se structure en trois fois trois heures. On apprend les besoins des poules, leur comportement, les prédateurs et comment s’en prémunir, les maladies, les soins… L’idée de la formation c’est de bien savoir à quoi s’en tenir avant de démarrer. La première motivation des personnes qui suivent nos ateliers est d’avoir des œufs frais produits localement. La seconde est de réduire sa quantité de déchets alimentaires. Mais ce que les gens ne soupçonnent pas au départ et qu’ils confirment souvent par la suite, c’est l’aspect affectif et social. » Et ce n’est pas Igor Lassist qui remettra ce dernier point en doute, cet habitant de Braine-l’Alleud a accueilli trois poules dans son jardin et il en est très heureux. « On a de bons œufs bio tous les jours, et on leur donne nos déchets alimentaires. Ce sont des animaux de compagnie, on s’attache. L’année passée, pendant la coupe du monde, Pouick ma poule est devenue célèbre à travers le pays pour ses pronostics ! »

SOS poules en détresse

Malheureusement, tous les ans, des poules sont abandonnées. Elles sont récupérées par des refuges pour des animaux comme la SPA Veeweyde.À Bruxelles, Éveline Bontemps a sauvé plusieurs poules de la maltraitance. Son amour pour les gallinacés est aussi remarquable qu’adorable. Il était une fois Simone et Éveline… « Je suis vegan et je lutte contre la maltraitance animale. Je voulais mettre l’accent sur les poules : j’avais envie de montrer une autre image de ces animaux. J’ai été bénévole au refuge « Le rêve d’Aby » pendant plusieurs années, c’est là que j’ai rencontré Simone, on a eu une relation incroyable. Elle venait d’un élevage en batterie de poules pondeuses, son destin était d’être abattue, elle a été sauvée. Nous nous sommes donc trouvées au refuge. Je voulais qu’elle soit bien pour ses derniers mois de vie. Du 16 décembre au 31 mars, elle est restée avec moi, dans mon appartement bruxellois. Elle dormait dans un grand panier à côté de mon lit, je lui donnais le bain et après, je la séchais au sèche-cheveux. Il y avait un grand bac de terre dans mon salon pour qu’elle puisse jouer. On écoutait de la musique classique ensemble, elle adorait Beethoven. Le week-end, on partait chez une amie qui a un grand jardin… C’était une expérience magique. Elle aura eu une belle fin de vie. Elle est morte à 4 ans et demi, après avoir été épuisée à la ponte dans des conditions atroces pendant plusieurs mois. »Pour raconter les aventures de Simone, Éveline a lancé une page Facebook WonderSimone où elle a fait parler son amie-poule. Une véritable démarche de sensibilisation pour la cause animale. Depuis, la disparition de Simone , Éveline continue de sauver d’autres poules. L’histoire continue…
Simone et Eveline, une belle histoire de cœur. © WonderSimone

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