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RENCONTRE AVEC BEA JOHNSON, UNE VIE PLUS BELLE SANS POUBELLE

Ces dernières années, le mouvement Zero Déchet a pris de plus en plus d’ampleur. Bea Johnson, autrice du best seller « Zero Waste Home », était de passage en Belgique cet été lors du festival durable LaSemo, nous en avons profité pour la rencontrer…

Mais parfois, il n’est pas évident de s’y retrouver… Aliments biologiques riment-ils forcément avec étiques ? Chez Färm, qui sélectionne les marques ? Comment être sûr.e de nos choix de consommation ? Éclairage au cœur des rayons.

Rayonnante, Bea Johnson en impose par son franc-parler, ses idées claires et ses choix assumés. Cette Française installée aux États-Unis depuis des dizaines d’années, est connue comme la « papesse » du mouvement Zero Waste. Pourtant, rien ne destinait vraiment la famille Johnson à servir d’exemple pour des milliers de citoyens à travers le monde… Bea, son mari, leurs deux garçons, et leur chien vivaient dans une belle grande maison tout à fait normalement. Un beau jour, pour cause de déménagement, tout ce beau monde emménage provisoirement dans un petit appartement. Durant cette période de transition, ils ne gardent que le strict minimum. Et là, bimbamboum, c’est le déclic ! Loin de toutes ses possessions matérielles, la jeune femme commence à s’interroger sur la société de surconsommation. « On s’est rendu compte qu’on pouvait vivre avec seulement 20 % de nos affaires et que le reste était superflu » confie-t-elle. La famille s’installe ensuite dans sa nouvelle maison et décide d’adopter une vie minimaliste pour se rapprocher petit à petit de l’objectif Zéro déchet. Depuis une dizaine d’années, ils sont devenus des maîtres de la vie Zero Waste et ne produisent plus qu’un kilo de déchets par an contenu dans un petit bocal, contre environ 400 kg par habitant en Belgique. Bea et sa famille ont inspiré des milliers de personnes à se lancer dans un mode de vie zéro déchet.

© ZeroWasteHome.com

PAS D’AUTRES CHOIX QUE FAIRE SON MAXIMUM

Pour arriver à son objectif, Bea Johnson a décidé d’être radicale. « Je n’ai pas voulu réduire, mais arriver à zéro. Pour ce faire, on a testé tout un tas de choses, j’ai demandé à mes grands-mères comment elles faisaient avant. » La spécialiste recommande à chacun de trouver son mode de fonctionnement sans se rendre la vie impossible. « Il n’est pas spécialement utile de tout faire soi-même, mais il faut repenser ses modes de consommation et commencer par se désencombrer. » Pour chaque objet, il faut se demander : est-ce que je l’utilise régulièrement ? Au moindre doute, elle conseille de placer une étiquette avec la date de la dernière utilisation sur l’objet, si au bout d’un mois, on ne l’a pas toujours pas utilisé, il faut s’en débarrasser en le vendant ou l’offrant à quelqu’un qui en aura une utilité.

REFUSER, RÉDUIRE, RÉUTILISER, RECYCLER, COMPOSTER

Pour une vie sans déchet, Bea Johnson propose un modèle en cinq étapes. Premièrement, il faut refuser ce dont on n’a pas besoin. Fini, les objets à usage unique, les échantillons, les cadeaux superflus, les repas dans l’avion, les cartes de visite… Il s’agit de ne rien accepter si ce n’est pas vraiment nécessaire. Les tentations sont nombreuses, mais il faut apprendre à dire « non ». Ensuite, il faut réduire sa consommation en général. « On nous répète qu’il faut des produits spécifiques et des accessoires particuliers pour chaque application, mais c’est faux. Par exemple, dans ma cuisine, je n’ai que des basiques et pour les produits de nettoyage de l’eau, du vinaigre et du savon de Marseille liquide sont amplement suffisant. » Fini le « au cas où ». La troisième règle est de réutiliser, en remplaçant tout ce qui est jetable par du réutilisable. Ce qui implique de réparer ses affaires quand elles sont abîmées. Enfin ce qui ne peut être refusé, réduit ou réutilisé, doit être recyclé ou composté.

QUELQUES ASTUCES POUR UNE VIE SANS POUBELLE

Pour supprimer les déchets, il ne faut pas avoir des talents fous, mais être un minimum organisé.e. Bea ne quitte jamais sa maison sans sa gourde dans son sac et un sac en tissu. Par contre, les listes interminables d’injonctions qu’on retrouve sur certains blogs zéro déchet lui font lever les yeux au ciel. « Il faut faire au plus simple pour tenir sur la longueur. » Pour les courses, le vrac, c’est la vie, mais ça, si vous connaissez Färm, vous le savez déjà ! Elle préconise de faire ses courses avec un kit: les bocaux pour les aliments humides, les sacs en tissu pour le vrac, les filets pour les fruits et légumes et une vieille taie d’oreiller pour le pain. Dans la cuisine, l’organisation est de rigueur. « On a un frigo en tiroirs, ce qui permet une meilleure vue d’ensemble et donc une élimination du gaspillage alimentaire. » Pour ses achats de vêtements, Bea se rend dans des magasins d’occasion. Sur son blog, elle donne un tas d’idées pour optimiser sa garde-robe. Encore une fois, l’ingéniosité est sa plus grande alliée pour un résultat très stylé. Aussi, elle préconise d’acheter des produits garantis à vie (oui vous lisez bien A VIE). Les marques sont répertoriées sur le site http://www.buymeonce.com/. Niveau beauté, elle se sert de savons bio (acheté en vrac of course), comme fard à paupières, elle utilise de la poudre de cacao et elle fabrique son propre mascara et eye-liner en kohl. Hyper canon, sa routine beauté ultra simple et efficace devrait faire pâlir les industriels du secteur… Enfin, si des invités apportent un aliment emballé, Bea leur explique gentiment qu’elle ne possède pas de poubelle et qu’ils ne pourront donc pas laisser de déchets chez elle. Pour ce qui est des cadeaux, elle refuse tout bien matériel. Pendant, le festival LaSemo, certains participants ont voulu lui offrir des présents, elle a poliment refusé.

© ZeroWasteHome.com

UNE VIE SIMPLE ET HEUREUSE

Acheter moins, sans emballage, réparer au lieu de jeter : ces réflexes ont un impact sur le porte-monnaie. « On ne se fait plus de cadeaux matériels, mais on s’offre des expériences, on passe de l’avoir à l’être », explique-t-elle en montrant des photos de voyage en famille. Son livre « Zero Waste Home » a été traduit en 26 langues. Elle donne des conférences à travers le monde entier. À l’heure où nous l’avons rencontrée, elle s’apprêtait à partir sur les routes des États-Unis en van avec son mari pour partager ses astuces aux citoyens de son pays qui sont encore loin d’être aussi conscients qu’elle de leurs modes de consommation. Bea a aussi lancé l’application bulkfinder, pour pouvoir géolocaliser les magasins de vrac partout dans le monde. Les géants de l’agro-alimentaire ont eu écho de ses conseils, puisque même eux commencent à revoir leur modes d’emballages. « Les solutions sont partout, il faut faire avec ce qu’on a. Acheter, c’est voter. Je n’ai qu’un seul regret… Celui de ne pas avoir commencé plus tôt », conclut-elle. C’est ce qui s’appelle une rencontre inspirante…

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