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LA SÈVE DE BOULEAU POUR CÉLÉBRER LE PRINTEMPS

Le printemps est arrivé tôt cette année. Le soleil de fin février-début mars a annoncé le grand réveil de la nature. On ne sait pas pour vous, mais de notre côté, le retour de la lumière est vraiment salutaire. La vie reprend ! On le sent, non ? La sève qui monte pour nourrir le tronc, les branches, les feuilles… 

Mardi 2 mars, sur l’écran de notre téléphone, un message de Sandrine Malice, directrice de SoSève : « On va démarrer la récolte. » Ni une ni deux, on embarque un vélo dans le train Bruxelles-Charleroi, puis dans un autre, Charleroi-Couvin. Une fois à destination, on roule, on roule à travers les vallées (franchement vallonnées !) de la province de Namur pour finalement arriver à Oignies-en-Thiérache. Sandrine nous accueille dans une ancienne gare transformée en gîte et nous emmène dans la forêt…

Sur place, Raoul, le chef du camion frigo, Jacques, le responsable des récoltants, et les autres sont bien occupés : il y a tant à faire, tant de litres à récolter… Face à nous, un spectacle tout à fait extraordinaire : des centaines de bidons, au pied des arbres, reliés aux troncs par un tuyau, dans lesquels « tic-tic-tic » coule la sève de bouleau…

La sève, une nouvelle vie

L’histoire de Sandrine est liée au rêve d’un homme, son père. « Mon papa était un amoureux de la nature. Il avait le projet de créer l’un des premiers villages verts en Wallonie, ici à Oignies-en-Thiérache. Il a planté des arbres fruitiers, beaucoup d’espèces différentes, avec le centre agronomique de Gembloux ».

Et puis vient le drame, son père décède d’une crise cardiaque à 58 ans : « Un mois avant son décès, il avait racheté une parcelle de bois d’une ancienne forêt. Le notaire nous a dit : ‘il faut que vous alliez voir où elle se trouve’. Quand j’y suis allée, je me suis rendu compte qu’elle faisait partie d’une forêt immense, perdue et remplie de bouleaux ».

Sandrine, nutritionniste passionnée par l’alimentation, l’hygiène de vie et la nature y voit alors un signe. 

« J’avais rencontré une biologiste il y a des années, qui m’avait tout expliqué sur la sève de bouleau, ses bienfaits, sa récolte, sa conservation… Je m’étais beaucoup renseignée sur cette tradition des pays nordiques, mais je n’avais jamais pensé lancer une entreprise là-dedans. Mais là, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter de faire venir de la sève de bouleau pasteurisée de Finlande, d’Estonie, de Lituanie… Et de produire de la sève 100% belge. »

Elle lance son projet en 2016. « J’ai fait venir l’AFSCA et j’ai fait toutes les démarches pour être reconnue en bio. En 2017, on a démarré notre première récolte. En 2018, on a obtenu le label Nature et Progrès. La zone dans laquelle on récolte est une zone Natura 2000, protégée. Il n’y a pas de cultures dans cette région, aucun pesticide ni autre polluant n’est employé à proximité des arbres ».

SoSève est aussi une importante initiative du point de vue socio-économique. La région est particulièrement pauvre. En travaillant avec des récolteurs locaux, en faisant des commandes, notamment de pinces à linge (vous comprendrez plus loin 😉) dans les petits commerces du village, Sandrine et son équipe boostent l’économie du coin.

De l’arbre au cubi

Concrètement, comment se passe la récolte ? Jacques nous offre une petite démonstration. Il sort sa foreuse et perce un petit trou de deux centimètres dans le bas du bouleau. C’est là la source des différents éléments nutritifs absorbés dans le sol (manganèse, potassium, silicium,…). Il y insère ensuite un tuyau alimentaire relié à un jerricane posé sur le sol (qui à ce moment de l’année est encore un frigo) et voilà, le précieux liquide s’écoule. Récoltée chaque jour pendant quelques semaines, la sève est immédiatement chargée dans le camion frigorifique à l’orée de la forêt, pour ne pas rompre la chaîne du froid.

« Le bouleau est un arbre hyper intelligent, pionnier. Il ne donne que la sève dont il n’a pas besoin. Il y a des arbres qui peuvent donner trente litres par jour et d’autres deux litres. On récolte de façon ancestrale arbre par arbre, chaque bouleau est choisi en fonction de sa taille et de son état », explique Sandrine.

La date de la récolte et la quantité de sève varient d’année en année. SoSève s’adapte à la nature, au Vivant. Cette observation de l’environnement est inspirante. Dans cette forêt perdue au milieu de nulle part, on se sent vraiment connecté·e·s à la terre. « Il y a une lune montante à partir du 7 mars, là ça va être un pic », confie la spécialiste. 

Des pinces à linge (maintenant vous comprenez le gros stock à acheter !) servent de code pour distinguer les bidons qui ont été vidés de ceux qui doivent encore l’être. A la fin de la récolte, le petit trou dans le tronc est rebouché avec une cheville de bois enduite de cicatrisant naturel afin que l’arbre se remette sans le moindre risque.

1001 vertus

Nous avons eu la chance de goûter de la sève toute fraîche : un vrai délice. Dans le verre, une sorte d’eau, complètement transparente, et dans la bouche, un léger goût sucré. 

Une fois récoltée, la sève est conditionnée sous vide en cubis. L’objectif est de laisser le produit évoluer naturellement pour qu’il conserve toutes ses vertus. Non pasteurisée, la sève de bouleau reste vivante. Quelques semaines après la récolte, commence le processus naturel de lactofermentation et le goût de la sève évolue au fil du temps.

« La particularité à laquelle je tenais vraiment, c’était de ne pas devoir pasteuriser, de ne pas mettre d’alcool, ni de conservateurs. C’est le sucre contenu naturellement dans la sève qui démarre le processus de lactofermentation, un moyen de conservation traditionnel. C’est comme ça qu’on peut vraiment conserver la sève sur le long terme », explique Sandrine. 

Véritable concentré santé : la sève est chargée en acides aminés, en sels minéraux, en oligo-éléments, en vitamines et en silicium végétal. Elle possède de nombreuses propriétés et vertus qui agissent positivement sur nos organismes : drainage hépatique et rénal, reminéralisation et réhydratation de l’organisme, fortifiant et revitalisant, équilibrage de la flore intestinale…

Buvez comme vous voulez

« Quand elle sort de l’arbre, la sève est beaucoup plus drainante, beaucoup plus détoxifiante, c’est bien pour éliminer les toxines accumulées en hiver. Après, elle se charge en oligoéléments, en minéraux, en vitamines… Elle va être beaucoup plus reminéralisante, revitalisante. Elle donne énormément d’énergie. D’ailleurs, il ne faut pas en boire le soir si on veut dormir », avertit Sandrine.

Pourquoi est-elle si peu connue chez nous ? C’est un mystère ! La sève de bouleau est en effet une tradition ancestrale dans les pays nordiques. Des tous petits aux grands-parents, tout le monde en boit.  « Là-bas, ils en consomment tous les jours, toute l’année. Ils la conservent dans des fûts à la cave et en prennent un peu tous les jours ».

Grâce à SoSève, notamment, cette boisson aux multiples vertus gagne de plus en plus de terrain ici en Belgique.

Alors, comment la boire ? Elle peut se consommer en cure à raison de 250 ml en deux ou trois prises, en dehors des repas, durant 21 jours, ou tout au long de l’année par petites quantités. « On propose la sève nature de mars à juillet, et une autre version enrichie en extraits de bourgeons bio qui augmentent les défenses immunitaires pour l’automne et l’hiver », ajoute Sandrine. 

De notre côté, cette expérience au beau milieu de la forêt est un coup de cœur. Après cette année on ne peut plus compliquée, quoi de mieux que les apports de la nature pour se sentir mieux ? 

Sandrine, Raoul, Jacques et les autres embarquent le matériel. Il est 17h, c’est la fin de la journée. La sève continue de couler, mais il est l’heure de quitter la forêt. Nous quittons la joyeuse troupe, direction la vallée et puis la gare, avec une idée fixe : aller acheter un cubi de sève de bouleau dès qu’elle sera arrivée chez Färm.

Vive le printemps ! 

Le mot de Färm : la sève de bouleau est un produit saisonnier, que vous retrouverez dans nos frigos en ce printemps. Ce précieux liquide étant relativement cher, nous avons décidé de diminuer notre marge pour permettre au plus grand nombre de profiter de ses vertus !

Jehanne Bergé est une journaliste freelance qui écrit pour différents médias (Medor, Les Grenades…). Ses thèmes de prédilection sont les questions de genre, de société et de consommation responsable. Régulièrement, elle part à la découverte du monde de la bio pour Färm. Elle pose alors son regard curieux et critique sur les sujets qui nous tiennent à cœur. Découvrez ici son journalisme vivant.

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