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LES SUPER-ALIMENTS EN MODE DURABLE ET RESPONSABLE

Les baies de goji, la spiruline, les graines de chia ou les baies d’açai garnissent les tablées les plus branchées. Reconnus pour leurs nutriments, les super-aliments sont une source de vitalité pour nos organismes. Derrière ces noms exotiques, des cultures lointaines et donc un impact environnemental non-négligeable. Décryptage de la tendance, bonnes pratiques chez Färm et conseils de la nutritionniste Marie de Giey pour découvrir les superfoods à faire pousser dans nos potagers. Tout, tout, tout, vous saurez tout !

 

« Superfood », depuis quelques années, l’expression a envahi les rayons diététiques et les menus « healthy » des restos trendy. Il y a 10 ans, personne n’aurait commandé un « super bowl chia » ou un « smoothie d’açai », aujourd’hui, ces recettes font fureur sur Instagram. Ces nouveaux aliments arrivés sur le marché européen sont extrêmement sains, certes, mais ils sont aussi le résultat d’un bon gros coup marketing. Mais au fait, c’est quoi un super-aliment ? Le « super » n’a rien de scientifique, ni même d’officiel. Cependant, il qualifie certains produits reconnus pour leurs apports nutritifs remarquables. Ils sont plus riches en vitamines, minéraux, antioxydants, acides aminés ou fibres que les autres. Parmi eux, les exotiques baies de Goji venues de Chine, les graines de chia du Mexique, le quinoa de Bolivie ou encore les baies d’açai du Brésil.

Pas super pour la planète

Super-aliments oui, mais la surconsommation de produits venant de loin entraine de lourdes conséquences. Prenons le quinoa par exemple : sans gluten et riche en fer, protéines et oméga 3, la « pseudo-céréale » a débarqué dans les placards des foodistas en quête d’une cuisine saine et variée. Alors que le quinoa est cultivé en Bolivie et au Pérou depuis 5000 ans, en raison de son succès fulgurant, sa production est devenue exponentielle et son prix a explosé avant de s’effondrer. Une mode culinaire lourde de conséquences comme le rappelle Good Planet : « considérés jusqu’alors comme les exportateurs incontestés et incontestables de la précieuse graine, la Bolivie et le Pérou font face, depuis quelques années, à une concurrence acharnée de nouveaux pays producteurs, (…) dont les Etats-Unis et la Chine, qui seraient déjà dans le top 5 des producteurs de cette graine dans le monde, selon les chercheurs Didier Bazile et Sven-Erik Jacobsen. L’arrivée massive de nouveaux concurrents a entrainé un effondrement du prix du quinoa, poussant de nombreux producteurs boliviens et péruviens à vendre leurs récoltes à perte ». Le contenu de nos assiettes est loin, très loin d’être anodin… Chez Färm, dans le respect de nos engagements, le quinoa est soit belge, celui de Graines de Curieux est mis à l’honneur. Du quinoa équitable péruvien est également proposé dans certains magasins.

Les baies d’açai, connues pour leurs formidables pouvoirs antioxydants sont aussi un exemple de déséquilibre soudain du marché. Elles sont devenues populaires aux USA et ensuite dans le reste du monde à la suite de l’intervention d’un certain Dr Nicholas Perricone sur le plateau d’Oprah Winfrey. Originaires de Belém, au nord du Brésil, les baies d’açai sont aujourd’hui exportées dans le monde entier et leur prix a explosé… Certains l’appellent désormais « le fruit de la mondialisation ».

Et puis, évidement le drame de l’avocat (encore un super-aliment victime de son succès), une situation déplorable mise en lumière par le documentaire « The Avocado War », disponible sur Netflix. En 30 ans seulement, les plantations d’avocatier dans le Michoacán, au Mexique, sont passées de 31 000 à 118 000 hectares. L’avocat est désormais surnommé l’or vert du Mexique. Les bénéfices issus de ce commerce attirent des pratiques illégales et la convoitise du crime organisé… Rassurez-vous, chez Färm, tous les avocats viennent d’Europe.

Alors oui, ces aliments sont tops mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de bouleverser les cultures locales pour suivre la demande mondiale ? Sans parler de l’empreinte écologique pour les importer… Les marketeurs et les marques n’ont-elles pas exagéré cette tendance au manger sain peu importe le prix et les conditions de production ?

Les supers alternatives

Chez Färm, la devise est « changeons le monde en mangeant » ; dès lors il était important de se demander comment allier « superfood » et consommation durable. Nous nous sommes tournés vers Marie de Giey, nutritionniste. Dans sa pratique, Marie essaye d’allier alimentation responsable et nutriments de qualité. Sur son compte instagram @myokinawa.be, dont le nom est inspiré d’une région du Japon peuplée d’habitants centenaires au régime alimentaire extraordinaire, elle n’hésite pas à partager des trucs et astuces avec ses followers.

« Il existe des super-aliments que l’on peut faire pousser ici dans le jardin et qui sont une mine d’or. Ce qu’on cherche à travers ce qu’on appelle la « superfood » ce sont des anti-oxydants. Ils agissent contre les radicaux libres qui sont inflammatoires, et nous protègent du vieillissement prématuré de la peau, des cancers, des maladies cardio-vasculaires… » Selon la nutritionniste, la clé, ce sont les couleurs. « Plus il y a de couleurs dans l’assiette, plus le potentiel d’antioxydants augmente. Ils aident aussi à diminuer le cholestérol, équilibrer la glycémie, favoriser la perte de poids. »

Dans une optique durable et responsable, Marie conseille quatre aliments locaux et super puissants en termes de nutriments. « Le choux kale favorise la santé du foie et est antiinflammatoire, il est riche en vitamines A et C, mais aussi en fibres, en fer et en calcium. Du côté des baies, évitons de consommer celles d’Outre-Mer alors que celles qu’on trouve ici possèdent de grandes vertus. Je propose les mures, les canneberges, les bleuets (myrtilles) ou les fraises qu’elles soient fraiches ou congelées. Pour les graines, je préconise le millet, ça ressemble au quinoa et il est très bon contre le mauvais cholestérol. Le millet est riche en fibres, en vitamines et minéraux mais on le cultive en Europe. Enfin, du côté des légumes, les épinards sont incroyables, ils sont composés de flavonoïdes, des agents anti-cancéreux, ils sont bons pour le cœur et pour la peau. » Popeye avait raison, tout compte fait, non ? Définitivement, pas besoin de zieuter l’assiette des continents voisins. Nous avons nos supers trésors ici aussi.

Les supers réflexes

Finalement, l’idéal reste de garder une alimentation équilibrée composée d’un maximum de fruits et de légumes de saison. « Manger des fruits et légumes cultivés localement, c’est la meilleure chose qu’on puisse faire pour notre corps et pour l’environnement », avance la nutritionniste. Conclusion : ne nous laissons pas berner par le marketing et les effets de mode. Alors, bien-sûr, c’est intéressant aussi de gouter d’autres saveurs. Il n’est pas question d’abandonner à jamais le quinoa ou la spiruline, le tout est de consommer les produits du monde en prenant conscience du chemin parcouru. Ils sont précieux, et le plaisir n’en sera que plus fort si on les déguste avec parcimonie. 

Marie de Giey

Chez Färm, nous faisons honneur aux produits locaux et de saison mais nous proposons aussi quelques produits hors Europe si aucune alternative n’est possible (plus ou moins 8% des ventes). Parmi eux, le café, les noix de cajou mais aussi certains super aliments. N’hésitez pas à demander conseils aux Färmers en magasin, ils sont là pour vous guider et vous aider. Margaux est herboriste et travaille à Färm Globe, elle explique : « C’est important que chacun·e trouve le super-aliment qui lui convient en fonction de ses besoins. Il n’est pas nécessaire de tout cumuler pour manger sain, on est là pour conseiller les clients. »  Son petit secret à elle : les éclats de fèves de cacao qui sont une source de magnésium.  Miam !

Enfin, rappelons-le, les ingrédients miracles n’existent pas. Cependant, une super alimentation, super responsable, super saine et super gouteuse, c’est presque miraculeux, non ? Bon appétit !

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